En théorie… – Édition de novembre

En théorie ce n’est qu’une partie comme une autre de notre vie. 4500 heures dans 900 jours étalés sur cinq années. Un trentaine de mois, ou quelque 180 semaines.

Mais c’est tout sauf uniquement ça : le secondaire c’est les amis, les amours qui commencent, les premiers partys, la puberté, les profs qu’on aime ou ceux avec lesquels on a de la misère, les mille et unes revendications de jeunes sans voix, les dîners hot-dogs, les équipes sportives, les chicanes et les réconciliations, les attroupements devant ces cases auxquelles on trouve tant de défauts, les expériences…

J’ai terminé mon secondaire il y a, au moment où vous lirez ces lignes, près de trois mois. De Rochebelle fut pour moi un épisode rocambolesque et inspirant où mes passions purent se mêler à des apprentissages de la vie, à des crises existentielles, à des adultes significatifs, à des pelletées de devoirs, à quelques bons amis et à des cours que je trouvais la plupart du temps, malgré le cliché de l’étudiant ennuyé, assez intéressants. Je continuerai à suivre l’évolution de De Rochebelle, qui n’est pas qu’une école, une institution : c’est un projet commun que portent les élèves, les enseignants et membres du personnel, les parents, les anciens…

D’ailleurs, je ne saurais écrire ceci sans vous inviter à vous impliquer dans la vie de l’école. S’impliquer… le mot sonne brun et plate, mais l’action est toute autre : c’est valorisant, mais surtout ça fait passer le temps plus vite! C’est une manière de se faire des amis, et aussi d’être au courant de plein d’affaires. Certains élèves sont obligés, par leur programme, de faire du bénévolat… s’impliquer à reculons, sans en avoir le goût, par contrainte de rester au programme, était quelque chose que j’abhorrais. Il faut trouver son étincelle! En passant, s’impliquer ce n’est pas juste de faire du bénévolat : être une personnalité sportive connue et reconnue, participer en classe, prendre la parole au nom de tous, faire des grosses blagues (en respectant une certaine éthique, bien sûr!) ou avoir une attitude positive et contagieuse sont de bons exemples de ce que comprend s’impliquer dans une micro-communauté comme De Rochebelle.

Je n’ai pas la prétention d’avoir beaucoup de sagesse, mais ces années au secondaire m’amènent finalement à me prononcer sur quelque chose qui m’aura personnellement touché. Soyez gentils avec tout le monde – oui, même ces personnes rejetées qui n’ont pourtant rien fait de bien mauvais à personne. Si vous êtes de ces bonnes personnes qui se font écœurer, allez chercher de l’aide et sachez que les bonnes personnes sortent presque toujours gagnantes, ne serait-ce une question d’années ou même de décennies; un peu comme l’a dit Bill Gates, « soyez gentils avec les nerds… il y a des chances que vous finissiez par travailler pour l’un d’entre eux ». De manière générale, tolérez la différence. Je vous encourage même à l’être, en étant authentique, créatif, innovateur. Le monde n’appartient pas et n’appartiendra jamais aux moutons.

Mot de la fin : ne décrochez pas. Oui vous réduirez de moitié vos risques de faire une dépression, d’accord vous serez deux fois plus protégé du chômage, effectivement c’est déjà 9 000 $ de plus par année, oké vous vivrez probablement sept ans de plus… mais au-delà de toutes ces statistiques, faites-le pour la fierté de finir votre secondaire et parce que ça vaut la peine de passer à autre chose, l’étape d’après, quelle qu’elle soit.

Mes meilleurs sentiments,

Félix Gingras Genest

fondateur de L’AccROCHEur et ex-rédacteur en chef

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